Reyjin, une marque atypique.

Rencontre avec Jérôme Reynaud, co-fondateur de la marque Reyjin Sport.

R : Vers quoi vous êtes-vous orientés afin de vous démarquez sur le marché?

 JR : Depuis sa création, Reyjin a toujours eu pour objectif de développer ses produits en s’associant avec des entreprises locales, avant tout pour une question d’éthique, puis pour la philosophie que nous souhaitons insuffler dans notre marque. Nous avons toujours eu pour projet de participer de façon positive à l’économie de notre terre d’accueil. C’est un point essentiel. Ensuite, je dirais le désir d’offrir des produits de qualité, adaptés aux besoins des sportifs, qu’ils soient professionnels ou amateurs.

REYJIN| Développement veste E4+ (Montréal, Canada)

R : Qu’entendez-vous par éthique?

JR : Je veux parler des valeurs et des principes moraux qui accompagnent Reyjin. Mon frère Yannick, qui est également co-fondateur, et moi-même sommes des pratiquants d’arts martiaux depuis notre plus jeune âge. Yannick a d’ailleurs fait partie de l’équipe nationale de Shinkyokushinkai du Canada au Kazakhstan pour les championnats du monde 2017. On nous a enseigné les vertus du travail, du dépassement, du respect. De là est née notre envie de se battre pour des projets, pour des causes qui nous tiennent à cœur. C’est cela que nous souhaitons partager.  Il y a également nos convictions personnelles, comme la protection environnementale.  En travaillant avec des entreprises locales, nous réduisons ainsi les distances concernant la chaine d’approvisionnement, et contribuons à diminuer notre impact carbone, tout en favorisant l’économie locale, ce qui est primordial dans un monde où la mondialisation est de mise. 

YANNICK REYNAUD| Championnats du monde 2017 (Astana, Kazaksthan)

R : Pouvez-vous nous parler du côté technique de vos vêtements ?

JR : Avec plaisir. Tout d’abord, il faut garder à l’esprit que Reyjin est une marque de vêtements de sport faite par des sportifs pour les sportifs. Certes au départ, il y a les dessins, les idées qui fusent, mais nous travaillons avec nos équipes justement pour que ce qui sort de notre imagination soit réalisable en atelier. Nous récoltons des données anthropométriques,  partons en quête de matières textiles innovantes, et agréables à porter, rencontrons des athlètes de différentes disciplines afin de connaitre leurs besoins, ensuite réalisons des prototypes qui là encore seront essayés et retouchés avant commercialisation. Prenons notre débardeur « Clear mind » : Nous avons opté pour un tissu léger et respirant, avec effet second peau au toucher. Les spécificités techniques du tissu font qu’il sèche très rapidement. Il est antibactérien et protège contre les UV (UPF 50+) pour ne citer que ces quelques spécificités techniques.  Chaque produit est pensé, réfléchi, ajusté jusqu’à atteindre le niveau de qualité voulu. Je le souligne encore, c’est un véritable travail d’équipe, et cela nous tient particulièrement à cœur. Sans une équipe en arrière pour développer le meilleur produit possible, Reyjin serait une coquille vide. Il en va de même pour notre branche Reyjin Lab. : recherches, collecte de données, travail d’équipe avec des gens bourrés de talents et de savoir-faire.

CHRISTOPHER GUAY LEROUX| Shooting 2020 (Longueil, Canada)

R : Vous fabriquez également des masques, pourquoi?

JR : Pour les masques, notre souhait était avant tout de faire notre part dans la lutte contre la covid. C’est en commençant à travailler sur le projet que nous nous sommes rendu compte que la plupart des masques étaient importés. Nous voulions donc créer des masques de fabrication locale, et surtout réutilisables. Lorsqu’on voit la pollution engendrée par les masques jetables et ses répercussions sur l’environnement, il nous était impensable  de ne pas  chercher à œuvrer de façon positive dans cette lutte. On joue peut-être à David contre Goliath, mais nous souhaitons montrer l’exemple, que d’autres solutions de qualité existent.  Par ailleurs, nombre de masques en tissu, sont de fabrication artisanale, pas toujours adaptés à tous les types de visage, et ne correspondant pas aux normes en vigueur. Nous avons donc débuté avec une étude morphologique du visage, afin de proposer des masques  ergonomiques et ajustables au porteur. Ensuite nos recherches se sont axées sur les matériaux afin d’offrir des masques correspondant aux normes provinciales et fédérales, et proposant une très bonne capacité de filtration. Notre masque blanc 3 plis par exemple est composé de matériaux brut non-blanchi, ce qui diminue considérablement l’inhalation de molécules toxiques causées par la teinture des tissus, et  filtre les particules à 80%. 

REYJIN| Masque R02 (Montréal, Canada)
R : Quel philosophie souhaitez-vous insuffler?

JR : Cela peut paraître compliquer, mais en réalité, c’est très simple. Premièrement, se battre pour ce en quoi vous croyez. Au fond de soi, on est tous conscient de ce qui est bon ou non pour nous, si nous prenons le temps d’écouter réellement notre petite voix intérieure. Deuxièmement : travailler. Il n’y a pas de secret, si vous êtes sur la bonne voie, c’est le travail qui fera la différence. L’investissement que vous mettrez pour atteindre votre but malgré les obstacles aura toujours un impact positif d’une façon ou d’une autre, que ce soit sur le plan personnel ou professionnel. Troisièmement, le lâcher-prise. C’est la base de tout. Savoir prendre du recul pour mieux observer, pas par résignation, mais par sagesse. Accepter que parfois tout ne se passe pas comme on le souhaite, pour après mieux repartir. Le premier pas  vers l’équilibre est toujours le plus difficile, mais le plus gratifiant. Alors rêver, oser et battez-vous pour vos objectifs et vos idéaux.

L’illustration a été réalisée en partie avec Abstrait vecteur créé par vector_corp de fr.freepik.com.

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